Un objet architectural et urbain II

Un des éléments de la machine parisienne est évidemment le périphérique dont les modernisations successives n’altèrent pas la brutalité de son architecture ni de son implantation. Le déplacement des matières nécessaires à sa réalisation, et les tonnes de béton amassé sont à l’image des grands travaux de l’époque. Étaient-ils dans la continuité de l’énergie de la guerre?

La Reconstruction a appris la réparation d’éléments à cette échelle, qu’il était possible de refaire un centre-ville, ou une ville entière comme le Havre. Fallait-il pour autant considérer cela comme normal ? Nous étions dans la découverte de solutions techniques qui permettaient une intervention dans un rendement surface/temps inégalé.
Comme nombre de quartiers construits dans le même temps, le programme construit répondait aux besoins. L’urbanité des (infra) structures n’était pas pensé, comme aujourd’hui on pourrait évacuer la question spatiale ou environnementale d’un revers de main, au nom de la raison économique ou d’une vision à court terme.

Le périphérique dans son tracé, dans ses matériaux et dans sa spécificité programmatique est un symbole des années 50 et 60, depuis son idée et sa conception jusqu’à sa réalisation. Sa programmation l’est aussi puisqu’il s’agit d’un espace dédié uniquement à la circulation des véhicules à moteur. 100% de l’espace est au service des personnes motorisées. C’est un lieu nocif à l’humain, au corps. Est-il encore aujourd’hui un lieu urbain?